Expressions - Littérature

La madeleine de Proust explication, analyse et extrait

Proposé par Professeur V

Cette expression française est couramment utilisée, mais en connaissez vous le sens exact et son origine ? La madeleine de Proust explication :

La madeleine de Proust explication et analyse

On écrit « La madeleine de Proust » et pas « la madelaine de Proust » encore moins « l’amas de laine de Proust ». C’est un objet, un geste, un petit événement, une odeur ou une sensation qui rappelle un souvenir ancien chargé d’émotion. Les madeleines de Proust sont des rappels de ce que l’on a pu ressentir dans des situations particulières. Par exemple quand on se souvient d’un état d’esprit, d’un plaisir particulier, d’une gêne, ou même d’une douleur.

Cette expression vient d’une formidable description de ce moment par Marcel Proust dans Du côté de chez Swann. C’est le premier tome du roman À la recherche du temps perdu. Dans cet ouvrage le narrateur explique que enfant, sa tante lui donnait de petites madeleines trempées dans du thé. Adulte, il se rend compte que le fait d’en manger à nouveau fait resurgir le contexte de son enfance. La madeleine est le symbole de ce passé qui surgit de manière involontaire.

La madeleine de Proust extrait de Du côté de chez Swann; À la recherche du temps perdu

« … quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblaient avoir été moulées dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine.

Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour. En me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi.

[…] Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. »

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Professeur V

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Co-fondateur & Rédacteur de l'Anecdote.
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