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Le mystère du manuscrit de Voynich

Quand Wilfrid Michael Voynich, un marchand de livres anciens d’origine polonaise, a acheté une trentaine de manuscrits lors d’un séjour en Italie en 1912, il ne pensait pas qu’il allait mettre la main sur un des livres anciens les plus célèbres de tous les temps (et même pour le plus célèbre pour certains).

Appelé de nos jours le « manuscrit de Voynich », il est écrit dans une langue jusque-là encore inconnu et ce, malgré les nombreuses tentatives de déchiffrages au cours de ces dernières années.

Une histoire datant du XIIIème siècle ?

Si le livre découvert par Voynich fait encore parler de lui à notre époque, c’est en partie parce que son origine est toujours inconnu.

Peu de temps après sa découverte, le manuscrit a très vite été associé à Roger Bacon, un alchimiste anglais connu pour sa contribution dans la méthode scientifique.

Une lettre glissée à l’intérieur du livre

Lorsque Wilfrid Voynich a acquis le mystérieux manuscrit auprès d’une communauté de jésuites à Frascati, il a aussi acquis une lettre de Johannes Marcus Marci à l’attention de Athanasius Kircher datant de 1666.

La lettre indique que l’Empereur des Romains Rodolphe II a acheté le livre ancien et qu’il penserait que ce dernier aurait été rédigé par Roger Bacon.

Ainsi, le marchand de livres a consacré le reste de sa vie à essayer de corroborer cette théorie. En vain puisqu’une datation par le carbone 14 (méthode permettant de connaître l’âge d’un organisme, d’un objet) prouve que le manuscrit de Voynich date du début du XVème siècle (entre 1404 et 1438).

Le manuscrit le plus mystérieux du monde

Composé de 234 pages en vélin (peau de veau), le contenu du livre reste une énigme pour les historiens et les cryptologues.

Une langue inventée ?

Le manuscrit est écrit dans un alphabet jusqu’ici inconnu mais après l’analyse des 170 000 glyphes (caractères ou/et accents), il semblerait que cet alphabet soit composé de 20 à 30 signes.

Les professeurs Zandergen et Landini en ont déduit un alphabet simplifié, l’European Voynich Alphabet (EVA), afin de permettre l’analyse des textes du le mystérieux livre par les ordinateurs, chaque signe correspondant à une lettre de notre alphabet.

L'EVA basé sur le manuscrit de Voynich

Mais insuffisant pour comprendre le code Voynich. De nombreuses analyses ont eu lieu par la suite pour le décrypter, notamment des analyses fréquentielles. Elles ont donné lieu à des hypothèses plus ou moins contradictoires :

  • Le texte serait basé sur une langue européenne mais serait de coder de manière à en cacher son sens, un code toujours indéchiffrable aujourd’hui
  • Le texte n’aurait aucun sens mais dissimulerait des informations (de la stéganographie)

Le manuscrit de Voynich est également composé d’un certain nombre d’illustrations.

Les raisons de la publication du livre

Tout comme le langage utilisé dans les textes, l’existence même de ce livre est un mystère.

Tout ce que l’on sait, c’est que le manuscrit est composé en plusieurs parties : herbier, astronomie, biologie, cosmologie, pharmacologie et recettes. À partir de ces différentes sections, des théories plus ou moins fondées sont nées :

  • Ce serait un livre de médecine, comme le montre les parties « herbier » et « pharmacologie ». Il s’agit de l’hypothèse la plus crédible
  • Ce serait un manuel indiquant comment créer la pierre philosophale, un objet qui permettrait notamment d’obtenir la jeunesse éternelle, et qui était convoité par l’Empereur Rodolphe II (d’où son achat à l’époque)

Mais aucune preuve n’est parvenu à confirmer ces théories. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Le manuscrit de Voynich décodé ?

Pourtant, de nombreux chercheurs, auteurs et cryptologues ont affirmé avoir décrypté le livre indéchiffrable.

De l’aztèque ancien

C’est l’affirmation la plus récente.

En 2014, le Docteur Arthur Tucker, un botaniste américain, a analysé les plantes présentes dans le manuscrit de Voynich avec d’autres chercheurs, Rexford et Talbert. Certaines des plantes en illustration se situerait dans le territoire mexicain.

En comparant avec des archives du XVIème siècle, ils ont pu identifier 37 végétaux sur les 307 du livre ancien. En étudiant leurs noms, les américains se sont aperçus que ces noms se rapprocheraient du nahuatl, la langue indigène la plus parlée au Mexique.

Ainsi, le code pourrait être en théorie décodé car les chercheurs partiraient des noms des plantes connues pour déchiffrer le reste du manuscrit.

Cela fait deux ans que leurs recherches ont été dévoilé mais ils n’ont toujours pas annoncé une traduction de l’alphabet voynich, sans doute dû à la différence entre la théorie et la pratique.

Un mensonge créé de toutes pièces

Ou un hoax, un peu comme le risque présumé de consulter son nombre de points en ligne.

Cette affirmation est l’oeuvre de Gordon Rugg, un linguistique britannique.

En se basant sur la grille de Cardan (« méthode d’écriture des messages secrets en utilisant une grille de décodage » selon Wikipédia) inventée en 1550, Gordon serait en mesure des générer des textes semblables au texte présent dans le manuscrit de Voynich.

Toutefois, les textes créés par cette grille seraient juste sur la forme mais pas sur le fond. Cette démonstration a le mérite de prouver que certains individus étaient capables de produire de faux contenus à l’époque, ce qui laisse présumer que le livre retrouvé par l’antiquaire puisse être un faux.

Mais selon les recherches du Docteurr Marcelo Montemurro, un neuroscientifique anglais, et de son équipe, le texte serait authentique. En le comparant avec d’autres texte de référence de langues différentes (anglais, chinois, latin), ces derniers auraient déterminé plus de 800 mots dans la langue voynich.

Une affirmation qui ne fait pas l’unanimité.

Le décodage du manuscrit de Voynich va sans doute rester un mystère encore un moment.

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A propos de l'auteur

Charles-Henri Du Pré

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Co-fondateur & Rédacteur de l'Anecdote.
Le rêveur de l'Anecdote
"Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie (Confucius)."

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